Covid-19 et usages du numérique en Afrique

iDFRIGHTS – 20 juillet 2020

Pr. Jean-Louis Corréa,

Agrégé des facultés de droit, Professeur à l’université virtuelle du Sénégal, membre de l’IDFRIghts.

« L’Afrique n’est pas seulement le lieu où se joue une partie de l’avenir de la planète.
Elle est l’un des grands laboratoires d’où émergent des formes inédites de la vie sociale,
économique, politique… ».

L’ère du numérique, en raccourcissant les délais et en rendant plus accessible la connaissance, a favorisé le passage d’une société pyramidale à une société polycentrique, une déverticalisation des rapports sociaux. Ces derniers, qu’ils soient économiques, familiaux, internes ou internationaux subissent une puissante redéfinition s’exprimant à travers une réduction, voire une disparition des distances et une contestation des légitimités et autres ordres établis.

Selon les estimations, le continent africain comptera, dès 2020, 660 millions de personnes, sur une population de plus de 1, 300 milliard d’habitants, équipés d’un téléphone intelligent, soit un taux de pénétration de 55%. À titre comparatif, ce taux était identique, en 2012, dans 5 pays européens majeurs, même s’il dépasse les 100% de nos jours.

Cet avenir numérique enchanteur a conduit certains pays africains à élaborer une stratégie nationale pour le numérique, à mettre en place des organes de gouvernance de la donnée, en même temps qu’un ensemble de textes devant favoriser l’économie de la connaissance et le développement des Start up. Mais force est de constater que la transformation numérique, en Afrique, manque de « vision prospective claire, inclusive et endogène» et n’aboutit pas aux résultats escomptés.

Bien au-delà des constats, des prises de position et des attitudes mentalo-discursives, le numérique se conjugue au présent et rime avec verbe d’action.

L’Institut

À la fois enjeu de nos sociétés démocratiques et ingrédient stratégique pour les acteurs économiques, les données numériques sont au coeur des grands questionnements autour du monde digital. La gouvernance des données ne peut plus s’en remettre au hasard des initiatives isolées ou aux simples lois du marché : elle doit être, à différents niveaux, régulée, organisée, codifiée. Si le règlement européen RGPD constitue une avancée majeure reconnue bien au-delà des frontières de l’UE, il ne suffira pas.

Initiative de juristes, chercheurs, universitaires, ONG, acteurs de l’écosystème numérique et personnalités publiques, l’Institut des Droits Fondamentaux Numériques est né de cette importance et de l’urgence d’une réelle gouvernance des données, protectrice à la fois des droits des individus (citoyens, consommateurs), et de ceux des entreprises et organisations.

Contactez-nous

Adresse

179, boulevard Haussmann 75008 Paris

Restez informés

Recevez régulièrement les actualités de

Suivez-nous sur les réseaux